La schizophrénie

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

Il s’agit d’une maladie du cerveau, encore relativement mal connue actuellement. Il faudrait d’ailleurs plutôt parler de syndrome schizophrénique, car il est probable que les signes cliniques concernent des processus pathologiques différents.

On sait toutefois qu’il ne s’agit pas de « dédoublement » de la personnalité, ni de personnalité « multiple ». Cette maladie ne touche pas l’intelligence proprement dite de la personne.

Cette maladie affecte la pensée, les sentiments, les émotions tout comme la perception et les comportements et la capacité de raisonnement ou de concentration.

Toutes les fonctions ne sont cependant pas perturbées au même moment.


Comment reconnaître la schizophrénie ?

Différents symptômes sont souvent présents :

Des symptômes « positifs », qui « expriment » la maladie :

Des symptômes négatifs, qui sont plutôt des « manques » :


La dépression peut-elle être associée à la schizophrénie ?

Les sentiments dépressifs sont fréquents.

Les patients peuvent se sentir découragés lorsqu’ils réalisent l’impact de la maladie sur leur vie.

Les idées suicidaires doivent être prises très au sérieux et doivent inciter à rechercher immédiatement de l’aide.


Comment s‘assurer du diagnostic ?

La schizophrénie doit être diagnostiquée rapidement car plus vite le traitement est mis en place, plus il a de chance d’être efficace.

Le médecin recherchera la présence d’un certain nombre des symptômes déjà décrits (positifs et négatifs) pour poser le diagnostic, en interrogeant le patient et sa famille et en observant les comportements du patient.

Cependant, la maladie peut être difficile à diagnostiquer à ses débuts. Le début peut être spectaculaire, ou, au contraire, insidieux etprogressif (retrait constant des relations, comportement bizarre, déclin important des performances intellectuelles, …).

En cas de doute, il est donc important de faire appel à un spécialiste.


Les causes

Quelles sont les causes de la schizophrénie ?

Les causes ne sont encore vraiment élucidées à ce jour.

On sait toutefois aujourd’hui de façon certaine que les relations familiales ne sont pas en cause : il faut tordre le cou aux théories culpabilisant les parents !

Le recherche actuelle distingue des facteurs prédisposants et des facteurs déclenchants :

Facteurs prédisposants :

Facteurs déclenchants :

Quel est le pronostic à long terme ?

La schizophrénie est une maladie chronique, dont les symptômes s’améliorent généralement avec le traitement, mais dont le risque de rechute reste élevé.

Le pronostic est variable d’un cas à l’autre.

Il est largement amélioré par un traitement anti-psychotique et peut l’être encore davantage si ce traitement est combiné avec un soutien psychologique.

Sans traitement, 60 à 80 % des patients rechutent dans l’année. Le traitement permet de ramener ces chiffres à 15-20 %.


Le traitement

Quel est le traitement ?

Le principal traitement est médicamenteux : il s’agit d’antipsychotiques. Ils s’avèrent en général efficaces pour contrôler les symptômes positifs de la maladie. Donnés de façon continue, il permettent de prévenir les rechutes. La régularité et la durée du traitement sont donc essentielles.

Un accompagnement psychologique et/ou social de la personne et de sa famille sont également très souhaitables et ne sont pas neutres pour l’avenir du malade.

Le médecin choisit la médication en fonction des observations cliniques, puisque aucun dosage précis ne permet de mesurer très précisément le besoin du cerveau atteint…

Cela peut expliquer des tâtonnements dans le choix du médicament et de sa posologie.

Néanmoins, la plupart du temps, le traitement permet de combattre efficacement les symptômes en limitant les effets secondaires : pour atteindre cet objectif, cela demande donc parfois du temps et de la patience.

Il ne faut pas donner prise aux préjugés qui existent sur les antipsychotiques : ils constituent la base d’une amélioration ou au moins d’une stabilisation durable.

Bien qu’il n’existe aucun traitement curatif pour la schizophrénie, il est possible de la traiter aussi efficacement que de nombreuses autres maladies chroniques, comme le diabète par exemple.

La durée du traitement varie de un an (épisode unique) à des durées longues et indéterminées, bien au delà de la disparition des symptômes positifs. La durée dépend de l’analyse risques-avantages pour les patients. L’important, c’est d’aller mieux, même si pour cela il faut accepter quelques contraintes.

Quel accompagnement mettre en place ?

Des aides complémentaires aux médicaments sont à rechercher (parfois avec insistance et énergie !).

Tous les patients ont besoin d’un soutien psychothérapique qui peut avoir plusieurs objectifs :

– les aider à accepter la maladie

– les aider à mieux affronter les effets de celle-ci sur leur vie affective, sociale, professionnelle

– les motiver à poursuivre les différents traitements

En plus de ce soutien, diverses interventions psychosociales peuvent être utiles, si l’on parvient à trouver les professionnels compétents :

– thérapie familiale

– réadaptation psychosociale

– entraînement aux « habiletés sociales »

– groupes d’information à destination des proches


Les rechutes

Comment prévenir ou déceler les rechutes ?

Principales causes de rechutes :

– arrêt de la médication antipsychotique

– prise de drogue –même douce- ou d’alcool

– stress particulier

Les rechutes sont souvent précédées de signes avant-coureurs (nervosité, insomnie, agitation, perte d’appétit, repli social, perte d’intérêt pour les choses, comportements bizarres…).

Chaque patient a ses propres signes d’alarme qui réapparaissent avant chaque rechute.

Il est intéressant d’envisager, pendant les périodes de rémission, les mesures concrètes à prendre lorsque ces signes commencent à se manifester et élaborer ensemble un plan d’action.

Malgré ce travail préalable, il n’est pas aisé de reconnaître une rechute imminente . N’hésitez pas à consulter votre médecin.

Comment vivre au quotidien ?

Quelques conseils aux familles…

Le rôle de la famille est d’autant plus primordial que la prise en charge des malades schizophrènes est mal organisée dans notre pays : conditions d’hospitalisation parfois limites, peu d’alternatives à l’hospitalisation, manques de lieux de vie, d’accompagnements adaptés en milieu ouvert, de communication du corps médical avec les proches… et de manière générale, image fausse d’une vraie maladie.

Ceux-ci ont pourtant à faire un sacré chemin pour soutenir la personne qu’ils aiment :

– accepter la perte d’énergie du patient, qui n’a rien à voir avec la paresse